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Quand les Etats-Unis et Robert Mugabe font la paire PDF Imprimer Envoyer
Écrit par MC   
Mardi, 19 Janvier 2010 16:25
On ne peut qu’être abasourdi et choqué en apprenant le contenu du communiqué assassin de Karl Wycoff, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines auprès du département d’Etat amércain, qui affirme, on ne sait sur quelles bases, que « c’est un climat d’intimidation qui règne à Madagascar. L’arène politique a été fermée, les médias et les journalistes sont harcelés.
L’opposition n’est pas en mesure de manœuvrer librement ». Ce qui laisse croire qu’à Madagascar, c’est une véritable tyrannie qui règne du fait du régime de transition, qualifié de « de facto » par les Etats-Unis. En lisant l’intégralité du communiqué, force est bien de se demander de quelles sources les américains, qui pourtant se disent les mieux renseignés du monde, tiennent leurs informations, parce qu’on peut dire sans hésiter qu’ils sont complètement à côté de la plaque.

Pour la première fois depuis des années, les opposants au régime ont pu librement avoir accès aux médias publics, contrairement à ce qui s’était passé pendant le régime Ravalomanana, les américains peuvent demander auprès des journalistes et autres responsables de la RNM et la TVM s’il y a un quelconque consigne ou ordre sur un soi-disant « musellement de la presse », et contrairement à ce qu’il y avait du temps de l’ancien régime, les journalistes privés peuvent faire leur métier librement, mais pire même en raison d’une trop grande liberté qui leur a été soudainement accordée, certains même versent dans la désinformation et la diffusion de fausses nouvelles, sans aucun respect des lois encore en vigueur. Quand on voit par exemple le contenu de certains quotidiens, exerçant dans une parfaite illégalité comme le fameux « Tia Tanindrazna », on se demande bien si pour eux, démocratie et liberté signifient tout simplement anarchie. Si des journalistes de la Radio Fahazavana, la radio pro-Ravalomanana  de l’église protestante FJKM, se retrouvent actuellement sous mandat de dépôt, ce n’est pas parce qu’ils sont journalistes, mais parce qu’ils sont accusés de complicité avec l’adjudant-chef qui a fomenté une mutinerie au RAS ou Régiment d’appui et de soutien d’A mpahibe. Une infraction pénale de droit commun qui n’a rien à voir avec un simple délit de presse. Les employés malgaches de l’ambassade américaine à Madagascar peuvent très bien en témoigner, à moins bien sûr qu’ils sont de mèche avec l’Ambassadeur dont on ne  connaît déjà que trop bien sa haine viscérale vis-à-vis du Président actuel Andry Rajoelina. A moins aussi bien sûr qu’ils sont menacés par Niels MArquardt si jamais ils parlent des vraies réalités dans le pays.

Quant à l’opposition, ne manifeste-t-elle pas quotidiennement dans l’enceinte de Magro Ankorondrano depuis des mois sans être inquiétés ? Si dans certaines occasions, les forces de l’ordre ont été obligées d’intervenir, c’est parce que les manifestants sortent de cette enceinte pour semer des troubles sur les voies publiques, partout où ils passent. L’ambassadeur américain ne se rappelle-t-il pas (à moins que dans les agissements et actes de déstabilisation divers crées par les trois mouvances, il devient amnésique à chaque fois) que l’autre samedi à Ankorondrano, les partisans de l’ancien Président s’en sont pris à des ressortissants étrangers, des français en l’occurrence pour détruire et saccager leurs véhicules ? Ou encore samedi dernier, quand les mêmes partisans ont décidé de s’en prendre à un ressortissant danois en moto qui a eu le malheur de juste passer du côté d’Anosy, sur une voie publique de surcroît, au moment où les manifestants se sont donnés le mot qu’ils allaient de nouveau s’attaquer à des « vazaha » ? Peut-être parce que finalement, jusque là, aucun ressortissant américain n’a été victime des trois mouvances, l’Ambassade et le département d’Etat américain se permettent le luxe d’assassiner, sans fondement aucun,  le peuple malgache dont le crime pour eux aura juste été d’avoir voulu et lutte pour le changement.
Parce que, autant le dire, à l’origine de ce lobbying anti-transition et assassin contre Madagascar et son peuple, c’est cet ambassadeur, qui depuis le début a affiché ouvertement sa position pour l’ancien Président démissionnaire (nous le disons bien, il a démissionné de son poste le 17 mars 2009 et c’est cet Ambassadeur lui-même qui a pu voir de ses propres yeux la lettre de démission), et contre le mouvement populaire qui a conduit à cette démission de Ravalomanana.

Mais jusqu’à quand Niels Marquardt et les Etats-Unis peuvent-ils agir ainsi ? Que dire de cette grosse hypocrisie, parce que c’en est une, quand ils affirment être le champion de la démocratie alors qu’ils en appellent ouvertement à des sanctions comme menaces contre notre pays qui a voulu justement la démocratie devant les dérives dictatoriales de Ravalomanana ? Niels Marquardt pourra-t-il encore se cacher derrière le prétexte de « valeurs fondamentales » prônées par les Etats-Unis comme la démocratie, la liberté et les droits de l’homme quand il se met ouvertement à défendre l’ancien Président qui durant ses sept années de pouvoir avait agi exactement en opposition à toutes ces fameuses « valeurs fondamentales ».

Et que dire surtout des menaces de sanctions proférées par les américains ? Quand ils affirment appuyer les démarches entreprises par la SADC, alors que cette dernière s’est faite surtout entendre par la voix du vieux dictateur Mugabe, président zimbabwéen qui réclame aussi, sur pression de Ravalomanana certainement, une intervention militaire à Madagascar comme sanction. On ne peut que tirer la conclusion que maintenant donc, c’est les américains et Mugabe qui se tiennent la main pour mettre à terre Madagascar. Et dire pourtant que la communauté internationale a longtemps condamné le vieux Mugabe pour ses pratiques dictatoriales, mais que maintenant, les Etats-Unis eux-mêmes ont décidé, sans aucun scrupule, d’unir leurs voix à celle de Mugabe pour nous menacer de sanctions.
On a honte, honte, honte, honte de l’hypocrisie de ce pays de l’Oncle Sam.

Mais en même temps, ces dérives des Etats-Unis nous permettent aussi, à nous peuple malgache, de nous lever fièrement pour défendre notre souveraineté nationale. Ce ne sera pas un Niels Marquardt, ni un Mugabe, ni un Karl Wycoff, ni Barack Obama, ni un quelconque autre américain ou étranger qui pourra empêcher les malgaches de vouloir le véritable changement et d’y parvenir. Sanctions ou pas. Qu’on se le dise ! Alors, qu’ils revoient leurs copies !