Le Vice-premier Ministre des affaires étrangères annonce la couleur Imprimer
Écrit par Soa Toavina   
Jeudi, 25 Février 2010 22:07
C’était un Vice-amiral Hyppolite Rarison Ramaroson, très confiant et très posé qui a fait face à la presse pour sa première déclaration en tant que nouveau Chef de la diplomatie malgache, ce matin, après la passation de fonction entre lui et son prédécesseur. « Je suis très confiant, je sais que nous avons la solution.
Cela fait huit mois que le Groupe International de contact est intervenu sans aucun résultat, donc, je leur demande officiellement et humblement aujourd’hui de revoir sa copie avec nous, malgaches et non d’imposer sa volonté » a d’emblée déclaré le nouveau numéro un de la diplomatie, qui est tout à fait conscient de l’enjeu de la date du 17 mars prochain. « Je ne suis pas pro-Maputo, qui pour moi signifie la culture de l’impunité, et ce n’est pas ce qu’on m’a inculqué aux écoles supérieures de guerre où j’ai suivi mes études, aussi bien en France qu’aux Etats-Unis. Toutes les guerres se terminent autour d’une table, mais ce n’est pas forcément Maputo. C’est la table des élections » a-t-il renchéri, en y ajoutant, sans ambiguïté aucune que « seules les élections pourront nous faire sortir de cette crise, et je pense que tous les politiciens, qui qu’ils soient, ne devraient pas avoir peur d’affronter le verdict des urnes. Si vraiment ils se disent patriotes, ils devraient participer à l’organisation des élections » a –t-il interpellé, tout en mettant en garde que « de toutes les façons, si il y a quelqu’un qui pourrait être tenté de se livrer à des fraudes électorale, les citoyens sauront quel sort lui réserver ».

A l’approche de la date du 17 mars 2010, expiration de l’ultimatum lancé par l’union africaine pour l’application des accords de Maputo, le nouveau vice-premier ministre a tenu à expliquer une bonne fois pour toute que « il n’y a jamais eu de coup d’Etat le 17 mars 2009, j’en suis le témoin », et il l’a répété plutôt deux fois qu’une. « Quoi qu’on dise, c’est Ravalomanana lui-même qui s’est renversé de son pouvoir, c’est un auto putchiste », et puis de dénoncer les menaces de sanctions, « je n’accepterais jamais que le Président Andry Rajoelina soit sanctionné pour le pouvoir que je lui ai moi-même transféré, c’est moi qui devrais dans ce cas être sanctionné. Et si on me sanctionnait, que celui qui m’a remis les pleins pouvoirs devrait l’être en premier, il est à l’origine de la sortie du pays d’un cadre constitutionnel en ayant mis en place un directoire militaire ».
Et lui de s’adresser à Ravalomanana, « vous savez pertinemment que ce que vous racontez un peu partout dans le monde n’est pas la vérité, je vous prie d’arrêter immédiatement vos mensonges, nous n’avons jamais brandi nos armes contre vous, ni d’ailleurs contre l’ambassadeur des Etats-Unis le 17 mars 2009 à l’Episcopat Antanimena» a-t-il lancé en demandant à l’ancien Président de « rentrer au pays pour nous parler au lieu de continuer vos actes de nuisance et de destruction de là où vous êtes ». Sans commentaires.

Le vice-premier ministre chargé des affaires étrangères n’a pas manqué de lancer un appel à la communauté internationale, « je demande officiellement à nos amis étrangers de nous aider pour les élections, c’est la seule solution », a-t-il conclu.