Affaire 07 février: Une commission juridique créée Imprimer
Écrit par M.C.   
Mardi, 09 Février 2010 20:02
Le Président de la Haute Autorité de la Transition, Andry Rajoelina avait promis d’accélérer le procès relatif au crime du 07 février 2009.  Enfin une bonne nouvelle pour tous ceux qui ont réclamé justice depuis un an déjà. Une commission juridique vient d’être créée par la Présidence de la transition, afin de suivre de près les péripéties de l’enquête pouvant aboutir jusqu’au procès  tant attendu par l’opinion.


Maharante Jean de Dieu, actuel ministre de l’élevage, et non moins magistrat, dirige cette commission qui d’après nos informations, a tenu sa toute première réunion hier dans les locaux du ministère de la justice. Tous ses membres sont des hommes de loi, avocats et magistrats et dont la principale mission est d’assurer que la lumière soit faite sur cette page sombre de notre histoire et que les responsables puissent répondre de leurs actes devant la justice. Il faut éradiquer à jamais l’impunité !

Grands dossiers…

L’on indique par ailleurs qu’outre cette affaire du 07 février 2009, la commission juridique est également chargée de déclencher les poursuites judiciaires dans le cadre des grands dossiers ayant marqué le régime Ravalomanana et qui ont été déballé en public par le régime transitoire, lors de la séance de « grand déballage » à Mahazoarivo, du temps de l’ancien Premier Ministre, Monja Roindefo. Entre autres, l’achat de l’avion présidentiel force One II, qui, selon les dires de l’ancien Président, avait coûté 60 millions de dollars, payés par l’Etat, alors que très récemment, le Ministre des Transports, Rolland Ranjatoelina, a révélé que les enquêtes dans le cadre de cette affaire ont permis de savoir que finalement, c’est Daewoo Corporation qui aurait fait cadeau de cet avion à Marc Ravalomanana, en contrepartie de la promesse que ce dernier aurait fait pour la cession de 1,3 millions d’hectares de terrains à cette multinationale japonaise.  Alors que les 60 millions de dollars sont bel et bien sortis de la caisse du Trésor Public, plus précisément des comptes de la Société portuaire de Toamasina et de la Compagnie d’Assurance Aro.  L’autre révélation de Roland Ranjatoelina, selon laquelle le prix réel de l’avion aurait été de 38 millions de dollars et non 60 millions comme annoncé par Ravalomanana,  nécessite également que la lumière soit faite, parce qu’il s’agit de l’argent des contribuables malgaches.

1,3 millions d’hectares de terrains
Autre affaire qui devient donc liée à celle de Force One II, l’octroi des 1,3 millions d’hectares de terrains à Dæwoo Cooporation. Rappelons que c’était un des griefs principaux reprochés à Ravalomanana, et qui ont poussé les malgaches à se révolter contre lui, était que la terre est sacrée pour les malgaches et il est tout simplement inconcevable qu’on puisse en céder, ne serait-ce qu’une partie à des étrangers. Mais non seulement, Ravalomanana projetait d’en octroyer une très grande surface aux dépens des paysans propriétaires des terrains, mais surtout, aucune transparence n’a été observée dans le cadre du contrat qu’il a  passé avec les japonais. Les malgaches l’ont appris seulement quand la presse étrangère en a parlé pour la première fois. Maintenant, on comprend mieux pourquoi l’ancien Président a tant voulu entourer de mystère ce projet. Il savait qu’il allait se heurter à une objection générale. Mais  il est vrai aussi qu’ébruiter l’affaire aurait compromis son intention de s’offrir un avion luxueux, au frais de la princesse comme on dit ! Grave!

La décision de créer la commission juridique ne peut qu’être unanimement saluée, pour peu qu’elle puisse travailler en toute indépendance et plus rapidement. D’autant plus que l’opinion exige des suites concernant toutes ces sombres affaires qui ont secoué le pays durant le régime Ravalomanana. Mais pour que justice soit bien rendue, d’aucuns souhaitent  que la commission juridique se penche aussi sur toutes ces affaires d’exportation illicite de bois de rose. Il ne devrait plus avoir d’impunité à Madagascar. C’est pour cela que les malgaches se sont sacrifiés lors du mouvement populaire de 2009.