Monja Roindefo : contradictions déconcertantes Imprimer
Écrit par Lalaina RAZAFY   
Lundi, 28 Décembre 2009 19:08
L’ancien Premier Ministre, Monja Roindefo, de passage dans la capitale française, s’est exprimé sur la Radio France Internationale, pour donner sa lecture des affaires nationales actuelles. Interview, au cours de laquelle Monja Roindefo, se positionnant comme opposant à Andry Rajoelina n’a pas manqué de lancer des critiques virulentes à l’endroit de ce dernier, qui l’a pourtant fait roi et le sortant de l’anonymat politique dans lequel il s’est trouvé durant les 7 années de pouvoir de Ravalomanana, et particulièrement après les élections de décembre 2006 où il n’a ramassé que 0,0 % et des poussières de voix, en étant candidat à ces élections.

L’on ne s’en étonne pas, car c’était dans la logique qu’après avoir été évincé de son poste de Premier Ministre, Monja Roindefo bascule dans l’opposition, le retournement de veste étant le propre des politiciens malgaches qui changent de camp, non pas en fonction des idées et valeurs défendues, mais surtout par rapport aux intérêts et avantages obtenus au sein d’un régime. Et malheureusement, Monja Roindefo n’échappe pas à ces règles bien connues à Madagascar, en dépit du fait que beaucoup avait placé des espoirs en lui, un jeune politicien, que l’on croyait issu de la nouvelle génération, amis qui au fait est resté à l’ère de son défunt père.

Comment en effet expliquer les propos de l’ancien Premier Ministre quand celui-ci, en critiquant la récente nomination de Camille Vital à la Primature n’a rien trouvé de mieux comme argument que la dénonciation de l’unilatéralisme de Andry Rajoelina ? On ne peut que rire de cet argument, parce qu’au cas où Monja Roindefo ne s’en souvient pas, et on se donne le devoir de le lui rappeler, il était le premier à s’opposer à la décision de Andry Rajoelina de ne plus continuer unilatéralement la transition, de nommer un Premier Ministre de consensus, parce que lui était un « Premier Ministre nommé unilatéralement par Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de la Transition ». Mais mieux encore, le Président voulait même le proposer encore comme ce Premier Ministre de consensus, mais c’était les trois mouvances qui n’en voulaient pas. Maintenant, Monja Roindefo en usant et abusant de cet argument contre « l’unilatéralisme de Andry Rajoelina », s’est érigé tout naturellement en avocat et porte-parole de ces trois mouvances. Monja Roindefo a déclaré la  guerre contre Andry Rajoelina parce que justement, ce dernier a décidé au mois d’octobre 2009, pour tenter de sauver les malgaches dont il est le premier responsable, d’appliquer la charte de Maputo qui était la voie présumée être « consensuelle et inclusive », contre la voie « unilatérale ». Mais le fils de Monja Jaona s’y opposait, parce que lui, il voulait à l’époque continuer la voie unilatérale. Et actuellement il se permet sans aucun scrupule, de critiquer la démarche « unilatérale » du jeune Président de la Transition ? Honteux de la part de quelqu’un qui se veut pourtant « rassembleur » et se dit « avoir été sollicité à revenir mais ayant refusé » ? On se demande bien d’ailleurs qui l’a sollicité parce que franchement, cette attitude culottée et ces contradictions déconcertantes ne sont pas dignes d’un homme d’Etat qui a pourtant des ambitions présidentielles.

Ensuite, Monja Roindefo fustige aussi au passage l’organisation des élections législatives en 2010 parce qu’encore une fois, c’est une décision unilatérale (re-rires) et que cela ne pourra pas contribuer à apaiser les tensions. Faut-il également rappeler à Monja Roindefo qu’en juillet 2009, quand de retour de Bruxelles, le Président Andry Rajoelina a avancé la solution des élections pour sortir de la crise, il y  a adhéré et a même défendu cette idée lors du débat qu’il avait eu avec Fetison Rakoto Andrianirina en septembre 2009 au Carlton ? Alors ; peut-on dire qu’il n’était donc même pas convaincu de cette solution à l’époque mais la défendait seulement parce que cela pouvait lui permettre de rester à sa place ? Et que dire encore quand il a osé affirmer que cette décision de Andry Rajoelina « est une démarche qui va à la dérive pour Madagascar et qu’il ne cautionne donc pas » ( ???). Donc, quand en Juillet 2009, Andry Rajoelina parlait déjà d’élections, il pensait donc que c’était une démarche qui conduisait le pays à la dérive, mais alors, pourquoi il n’a rien dit à l’époque, ou bien il la cautionnait donc quand même ? Evidemment que oui, parce qu’il était encore Premier Ministre, une attitude dépourvue d’éthique mais qui reste caractéristique des politiciens malgaches. La honte encore une fois !

Et c’est un peu trop facile de la part de l’ancien Premier Ministre de dire que Andry Rajoelina « n’arrive pas à sortir le pays de la crise politique, il tâtonne » ; lui, il était resté là, à la tête du gouvernement et donc de l’exécutif  pendant des mois, mais il était lui-même incapable de sortir le pays de la crise, maintenant, Monja Roindefo se permet de juger quelque chose qu’il n’a même pas pu accomplir alors qu’il était au pouvoir. C’est trop facile, comme le dit si bien le proverbe malgache « tsy anao ny lelo ka hainao ny manisina azy ». (à méditer !!!)

Il serait vraiment grand temps que nos politiciens fassent leurs examens de conscience, si le fils à l’illustre Monja Jaona (c’est dommage que les valeurs ne sont pas héréditaires)  avait de l’honnêteté intellectuelle ne serait-ce qu’un tout petit peu, il aurait trouvé d’autres arguments que l’unilatéralisme pour s’attaquer à Andry Rajoelina, mais mieux, il aurait dû avancer lui-même ses propres propositions pour sortir de la crise, parce que la conférence nationale, elle est déjà inscrite sur la feuille de route du régime Rajoelina depuis qu’il a avancé la tenue des législatives en mars 2010. Et puis, la conférence nationale, c’est loin d’être les trouvailles du Président national de MONIMA, il devrait proposer des idées novatrices, si tant est bien entendu qu’il en possède, à part le fait d’être juste animé de la volonté de s’en prendre à Andry Rajoelina… L’opinion, elle, juge par les idées avancées par les politiciens et non par les attaques stériles et presque haineuses des « frustrés et very seza »…a bon entendeur salut !