| Flagrant délit d’apriorisme |
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| Vendredi, 22 Janvier 2010 17:13 | ||||||
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Combien de fois n’a - t - on pas entendu les menaces de sanctions - dont certaines sont déjà mises en exécution - brandies par des grands de ce monde contre la Grande île ? Ce, afin, dit - on, d’amener cette dernière à revenir dans la « normalité constitutionnelle », c’est - à - dire un modèle préalablement défini dont les critères, tels qu’ils sont imposés à l’heure actuelle, tiennent plutôt à la forme qu’au fond, c’est - à - dire d’une manière tout ce qu’il y a de plus superficielle.
En effet, il est tout à fait étonnant de constater que, dans les hautes sphères internationales, on ignore - ou plutôt, on feint d’ignorer - que le vaste mouvement populaire de 2009 a puisé sa source (et sa force) dans la constatation que les idéaux démocratiques et de bonne gouvernance étaient loin d’être respectés par l’ancien régime qui a donc été, pour ainsi dire, son propre fossoyeur. Ce qui est encore plus sidérant, c’est que certains pays et instances internationales (à titre d’exemples les Etats - Unis et le Fmi) en ont aussi fait le constat à une certaine époque, mais chose curieuse à l’heure actuelle, ils ne l’admettent plus - du moins officiellement - pour se focaliser à condamner à tout va le régime de Transition, à la moindre de ses décisions.
Et malgré que, jusqu’ici, cette dernière se soit fixée comme mission, justement, de jeter les bases d’une quatrième République, plus conformes aux vertus si chères à la Communauté internationale. En effet, on se demande si l’échec de la mise en œuvre des Accords et Charte de Maputo est réellement à mettre sur le seul compte de l’actuelle « autorité de fait », pour que les condamnations soient dirigées exclusivement en direction de cette dernière. Posée autrement, la question consiste à savoir si, de son côté, la « mouvance Madagasikara », au vu de ses manœuvres subversives, est vraiment exempte de toutes critiques. Car, jusqu’à ce jour, on n’a pas entendu la moindre remarque négative émise à l’encontre des anti - Rajoelina, malgré que certaines de leurs attitudes et exigences peuvent parfaitement constituer des sources réelles de blocage.
Par contre, les condamnations ne se font pas attendre lorsqu’il s’agit des actes - quelles que soient leur pertinence - du pouvoir en place. A titre d’exemple et pour ne citer que ce cas, relevons le contraste flagrant entre, d’une part, le silence de la Communauté internationale suite aux résolutions de Maputo III , « décidées » par les trois autres factions - qui, et il faudra bien l’admettre, dérogent totalement aux précédentes conventions dont on exige pourtant le strict respect - et d’autre part, les récriminations de la même Communauté, suite à la volonté de la Hat de recourir rapidement à une consultation populaire, au seul motif que c’est une décision « unilatérale ». Les élections ne constituent-elles pas le moyen, démocratique par excellence, de quantifier la représentativité des uns et des autres, et partant d’amorcer un dénouement à une crise de légitimité ? Face à tout ceci, on serait tenté de dire que, quelque part, on est pourvu d’œillères pour ainsi perdre de vue d’autres aspects, pourtant cruciaux, du problème malgache. Il est tout de même étonnant que, dans son approche  - qui se veut pourtant être objective, neutre et désintéressée (à voir) - la quasi - totalité des pays qui s’impliquent dans la présente crise fasse preuve d’un tel apriorisme flagrant. Hery Mampionona, Editorial de la Vérité du jeudi 21 janvier 2010
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