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Il est trop tard ! PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 08 Février 2010 19:10
On n’aura de cesse de rappeler que les Accords de Maputo et l’Acte additionnel d’Addis - Abeba se sont avérés impossibles à mettre en application. Ils se sont déroulés sous l’égide du Groupe international de contact fortement inspiré – pour ne pas dire pressé et influencé - par l’Union africaine dont des pays sont aussi membres de cette Sadc.

Ces derniers n’ont jamais fait aucun mystère de leurs sentiments quasi irrémédiablement défavorables à l’homme fort de l’actuelle Transition. Des sentiments repris à l’unisson par les trois autres mouvances dont les attitudes et comportements ont rendu inexécutables lesdits accords et acte. Toute la Communauté internationale en a été témoin.

L’Ua et la Sadc, avec les trois mouvances, se trouvent ainsi les seules à s’y accrocher. En effet, l’exercice ou le co - exercice du pouvoir au cours de cette Transition est fortement compromis, alors que certains d’entre eux y ont goûté de manière éphémère quand d’autres continuent de se considérer encore comme des Institutions de cette Transition dont ils ont pourtant bel et bien renié publiquement le chef. Autrement dit, il est trop tard pour eux et si tant est qu’ils s’engagent à faire amende honorable, plus personne ne les croirait quand leurs agissements et leurs déclarations vont à l’encontre de leur souhait de ramener, une fois de plus, toutes les mouvances à la table des négociations. Des négociations qui s’apparentent plus à retrouver leurs sièges et postes occupés très brièvement qu’à vouloir trouver une issue à la crise politique. En réalité, ce sont ces « perdants » qui sont actuellement en pleine crise.
Il leur reste donc l’intransigeance de l’Ua et de la Sadc dont la popularité auprès d’une grande partie de la population malgache n’a cessé de décroître. Et ce, non seulement parce qu’elles semblent toujours déphasées par rapport à la situation qui prévaut dans le pays, mais également parce que de plus en plus visiblement, elles – en tout cas leurs membres les plus influents - ne veulent écouter qu’un seul son de cloche. Celui d’un de leurs pairs dont ils n’envient pas l’exil et ne veulent pas connaître le même sort.  
Cette intransigeance peut-elle prendre une autre tournure ?
Il est vrai que la possibilité a été évoquée à plusieurs reprises. Celle d’une intervention militaire qui ne peut avoir été soufflée que par l’ex - Président dont on connaît certains penchants.

Qui plus est, à Ankorondrano, il fut un temps où elle a été considérée comme la seule alternative pour déloger les « putschistes » comme les manifestants de cet endroit les ont qualifiés. Du côté de la Transition, les menaces ont été prises au sérieux et aujourd’hui plus qu’hier apparemment. Mais cette éventualité se heurte à plusieurs problématiques que l’Ua et la Sadc se devraient de résoudre. Madagascar n’est pas en conflit armé, contrairement à certains pays africains. Juste quelques échauffourées montées en épingle par leurs instigateurs pour en faire de véritables affrontements sanglants suivis de répressions violentes. Elles sont bien loin de justifier l’envoi de bataillons et de régiments pour instaurer la paix et le calme. De plus, la population malgache en général et l’Armée en particulier ne font aucun mystère sur leurs réactions à une telle virtualité : elles feront bloc contre ceux qu’elles ne manqueront pas de considérer comme des envahisseurs et leurs complices sur place comme des traîtres à laPatrie.

Quant aux sanctions, l’interdiction de survol des espaces aériens des pays membres de l’Ua et de la Sadc, n’est pas incontournable contrairement aux allégations d’une certaine presse qui y voit comme la suprême des condamnations. C’est que radier Madagascar de l’Ua comme semble – t - il, cela a été le cas pour la Sadc, n’est finalement pas une punition extraordinairement pour le peu que le pays y gagne ou perde. Il en est de même pour la rupture des relations diplomatiques par le renvoi des Ambassadeurs de la Grande île. Il existe des pays africains qui ont choisi de ne pas faire partie de ces organisations et qui ne s’en portent pas mal du tout. Au contraire, ceux - là se félicitent de ne pas avoir une supra organisation pour dicter ses lois et ses principes. Ces organisations feraient peut - être mieux de se pencher plus sérieusement sur les maux et fléaux qui rongent le continent. Lesquels sont sans aucune commune mesure, car autrement plus graves, avec le cas de Madagascar. La Transition à Madagascar est en marche. Consensuelle et inclusive ou non.

V.R., Editorial de la Vérité du samedi 06 février 2010