| Interview de Mialy Rajoelina : « Sarah Radavidra n’a jamais représenté une menace pour notre couple » |
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Parlez-nous brièvement de Mialy Rajoelina, qui êtes-vous ?  De mon nom de jeune fille Razakandisa, je suis l’aînée de trois filles, j’ai deux petites sœurs que j’adore. J’ai trois enfants qui sont mes rayons de soleil. Mon péché mignon c’est le chocolat, j’aime faire du sport. On dit de moi que je suis courageuse mais je suis également très sensible et les évènements que nous avons vécu l’année dernière m’ont beaucoup marquée. Souvent, après une épreuve, on s’en sort endurci, mais moi, j’en ai été fragilisée. Mais heureusement qu’il y a les actions sociales qui me permettent de trouver le bon équilibre.  Vous êtes quelqu’un qui rit beaucoup, quelqu’un je dirais de très ouvert…  Je fais en sorte que mes collaborateurs soient à l’aise et j’aime travailler dans une ambiance détendue. Mais je suis paradoxalement très carrée et je suis rigoureuse, on dit même que je suis maniaque au travail. J’exige de mes collaborateurs le sens de la responsabilité et de l’initiative, et puis enfin, je veux toujours que la communication soit fluide.  Puisque vous avez déjà parlé des évènements de l’année passée, comment vous avez vécu la crise ?  C’était vraiment une année noire pour toute ma famille… J’ai vécu loin de mes enfants pendant des mois parce qu’on a dû les envoyer en France pour les protéger et le fait d’avoir été obligée de se séparer d’eux a été très pénible pour moi. Mon mari et moi étions entre la vie et la mort et j’ai vécu en permanence dans la peur et l’angoisse. Mais en plus, l’une des personnes qui m’est le plus cher, ma mère était gravement malade et elle devait aller se soigner à l’extérieur.  Qu’est ce qui vous a le plus marqué ?  Il y a plusieurs faits que je peux vous raconter mais je rappellerai juste 2 ou 3 exemples. D’abord, à l’époque où mon mari était encore maire. Sa relation avec l’ancien Président devenait déjà de plus en plus houleuse. Je me souviens, un jour, j’ai été suivie toute la journée et le soir, nous étions invités à un dîner chez l’Ambassadeur de Russie. En plein dîner, je reçois un coup de fil m’avertissant qu’un mandat d’arrêt a été lancé contre mon mari et qu’on allait l’arrêter ce soir-là . J’étais assise à côté de Ny Hasina Andriamanjato qui, quelques minutes après reçoit un autre coup de fil l’informant de la même nouvelle. Je me rappelle qu’on a dû déplacer les enfants en pleine nuit chez mes parents. Mon mari a convoqué tous ses  collaborateurs à Je me rappelle aussi la nuit où l’on a enlevé l’émetteur de Viva Radio à Ambohimitsimbina. Nous étions à  Tout cela, sans parler des coups de fils quotidiens nous prévenant du départ des véhicules chargés de nous arrêter. Parce que même si malheureusement il y avait des taupes chez nous, nous avions aussi des informateurs à l’intérieur même de la mission chargée de nous traquer. Je me souviens d’une anecdote. A un moment donné, nous ne savions plus où aller le soir et nous avons donc décidés de rester à la maison. Mais à 2 heures du matin, nos informateurs nous appellent pour nous dire qu’ils se préparaient pour venir nous chercher. Nous avions dû quitter la maison dare-dare et sans direction, avec les gardes du corps, moi en pyjama, le chauffeur ne pouvait même plus  enfiler ses chaussures, il a donc conduit pieds nus. Et nous avons réussi à trouver une planque à l’intérieur même de la résidence, parce que nous ne pouvions en sortir, il y avait des « informateurs » partout. C’est pour cela que même jusqu’à maintenant, je suis encore traumatisée par la sonnerie du téléphone ZTE que nous avions utilisé à l’époque.  Il y a eu aussi la fois où je suis allée chercher mes enfants en France après l’installation officielle de mon mari, je n’oublierai jamais quand on m’a enfarinée à l’aéroport. Si l’objectif était de m’humilier, je peux dire qu’ils ont vraiment réussi. J’ai été traitée de tous les maux, on est même allée jusqu’à me traiter de diable en personne. On a insulté ma famille et on a même accusé ma mère d’avoir donné de l’argent aux militaires du CAPSAT alors qu’elle était sur son lit d’hôpital. Mais ce n’était pas seulement des gens de l’autre camp, parce que dans notre entourage, il y en avait même qui me reprochait mes va-et-vient à l’étranger pour voir mes enfants et ma mère soi-disant parce que j’ai abandonné mon mari au moment fort de la crise. Ce sont des blessures profondes qui resteront encrées en moi parce que c’était la première fois que j’ai vraiment découvert ce que c’était que la haine. En tout cas, si il y a une leçon que j’ai retenu de ces évènements, c’était qu’on connaît vraiment qui sont vos amis dans les moments les plus difficiles et qui étaient avec nous pour d’autres objectifs dans la tête dont je ne peux mesurer l’ampleur.  En parlant de vos parents, on les voit très rarement, ils sont ici à Madagascar ?  Oui, ils sont ici mais ce sont des partisans du « pour vivre heureux, vivons cachés ». Même en public, ils restent toujours très discrets, mais ils me sont d’un soutien inestimable et ils ont toujours été là pour moi. Au fait, ma famille représente beaucoup pour moi parce qu’elle me soutient et m’encourage dans mes engagements sociaux. Nous sommes une famille très unie.  Parlons de vos engagements sociaux alors, vous êtes très active, contrairement aux anciennes premières dames…  Je le dois à l’éducation que j’ai reçue, « mamafaza voa fa aza mba malaina… ». J’ai toujours fait des actions sociales mais il est vrai qu’en étant  Vous faites de la propagande avant l’heure…  Oui, je fais de la propagande, mais pour le bien-être des couches les plus vulnérables de la population, ceux qui ont toujours été les grands oubliés. Dans chacune de mes actions, je réalise que beaucoup doivent être faits pour eux. Par contre, je ne connais rien à la politique, c’est un monde que je ne maîtrise pas et dans lequel je ne m’imprègne pas du tout. C’est d’ailleurs pour garder une certaine distance avec la politique et pour éviter les interprétations diverses comme ce que vous venez de dire que j’ai crée l’association « Fitia ».  Certaines personnes disent que vous avez beaucoup d’influence sur votre mari…  Donc, ces personnes pensent ou partagent l’avis du Président Ratsiraka que ce devrait être moi à la tête de  Quelle est votre réaction quand le journaliste de LCI qui a interviewé récemment votre mari a fait éclater l’histoire de la prétendue relation qu’il aurait eu avec Sarah Ravalomanana ?
Je pense que c’est une bonne chose qu’il ait enfin pu éclaircir l’opinion sur ce sujet. Ce sont des bruits qu’on a fait courir depuis la campagne pour les municipales en 2007, c’était un moyen de déstabiliser les électeurs qui étaient en faveur de mon mari. Mais en tout cas pour moi, Madame Sarah Radavidra n’a jamais représenté une menace pour notre couple. J’ai eu l’occasion de faire sa connaissance en 2001 quand j’étais enceinte de mon fils aîné. A l’époque, son père, le Président Ravalomanana était candidat aux élections et elle et son futur mari venaient souvent chez Injet pour faire réaliser leur campagne d’affichage. Elle s’est même montrée très généreuse à mon égard en venant m’apporter des produits TIKO.  Les mots de la fin ?  J’ai appris que nous sommes dans le match de la vie où quelques fois, on trébuche, mais il faut toujours savoir se ressaisir. Comme mon mari le dit souvent, le pire des erreurs, c’est d’abandonner. J’essaie toujours de tirer des leçons des diverses épreuves que je traverse et je dois y trouver le courage de donner le meilleur de moi-même.  (Itw exclusive de Mialy Rajoelina dans
Ndlr : certaines parties de cette interview ont été coupées et n’ont pas paru dans
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